Hommage à Claire Richet. Retrouvez ici les nombreux témoignages que nous avons reçus.


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Publié le vendredi 9 décembre 2016 par Caroline dans la catégorie Communiqués

Claire Richet, secrétaire générale du CFJ puis du CFPJ de 1953 à 1985, est décédée le dimanche 27 novembre à Montauban à l’âge de 96 ans. Ses obsèques ont eu lieu à Albias (Tarn-et-Garonne), village où elle s’était retirée depuis quelques années.

L’Association des anciens élèves du CFJ a reçu de nombreux témoignages à la suite de la disparition de Claire Richet.

 

« Je m'associe à la peine de sa famille, avec infiniment de peine ».

Joseph-Jacques Jonas (1954)

 

« C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai appris par l’Association la disparition de Claire Richet. Je l’avais connu en 1956, peu de temps après la mort de Jacques, son mari. Sa mine austère et sa grande rigueur étaient impressionnantes pour le jeune apprenti journaliste que j’étais. Sa proximité avec Philippe Viannay, au passé courageux, rendait ce tandem assez mystérieux. Il était difficile de franchir cette « barrière » chez elle. Il n’y avait pas de familiarité. Elle nous appelait « Monsieur Desbruyères », « Mademoiselle Durand » ou « Madame Capdeville », gardant toujours ses distances, la mine grave. Elle esquissait parfois un sourire bref. En fait, elle était écrasée par le poids des responsabilités. Philippe Viannay l’aidait à relativiser les problèmes. Elle avait des rapports d’estime avec les enseignants mais peu de contacts humains. Elle suivait les journalistes qui sortaient du Centre tout au long de leur carrière, avait des « retours » des directeurs de journaux et des anciens élèves, se forgeant ainsi une opinion sur les hommes. Délégué syndical du SNJ au Dauphiné libéré à Grenoble, j’ai eu l’occasion de la revoir assez souvent à Paris car le CFJ et le SNJ cohabitaient dans le même immeuble de la rue du Louvre. J’ai vu grandir et grossir l’école, de plus en plus importante et de plus en plus difficile à gérer. Elle était beaucoup plus consciente des difficultés que Philippe Viannay, très attaché à de plus larges ouvertures vers l’Europe et les pays en voie de développement. Le souvenir de Claire Richet restera pour moi celui d’une femme particulièrement équilibrée qui a contribué à la formation de plusieurs générations de journalistes de valeur comme l’avait souhaité son mari ».

Pierre Desbruyères (1956)

 

« Je salue Claire Richet qui a piloté le CFJ avec détermination et lucidité dès le début des années 50. Je lui dois toute ma vie de journaliste. J’étais un jeune chien fou, elle a supporté mes incartades. Elle n’avait que douze ans de plus que moi. C’était « Madame la directrice », distante, calme, lucide. Je l’ai retrouvée beaucoup plus tard, elle est devenue une amie ».

Alain Hervé (1956)

 

« J'apprends par cette nouvelle que Claire Richet a eu le bonheur d'avoir une longue vie. Le souvenir que je garde d'elle est celui d'une femme très attentive à chacun d'entre nous, qui savait diriger son école avec tact et discrétion. Je l'ai connue comme élève, puis comme adjoint de José de Broucker dans la préparation d'étudiants étrangers (surtout africains) aux travaux pratiques de journalisme. Elle m'avait fait confiance alors que j'étais encore bien jeune pour l'emploi. Grâces lui soient rendues pour tout ce qu'elle a fait afin de transmettre l'idéal de notre profession ».

Charles Vanhecke (1958)

 

« C'est avec beaucoup de tristesse que j'apprends le décès de Claire Richet. Je lui dois beaucoup et je n'ai pas oublié, presque 60 ans plus tard, la gentillesse quasi maternelle avec laquelle elle nous traitait, alors que nous venions étudier sous les combles du 29 de la rue du Louvre. Une grande dame en effet et un grand coeur. Veuillez transmettre mes plus sincerescondoleances a toute sa famille, ses proches et ses amis. Je leur exprime Toute ma gratitude pour celle que nous venons de perdre. De tout coeur avec l'Association dans ce triste moment ».

Claude Porsella (1960)

 

« C'était une très grande dame. On l'admirait beaucoup hier. Encore plus aujourd'hui... Merci pour tout ce qu'elle nous a apporté ».

Bernard Schoeffer (1960)

 

« Je suis très touché par la disparition de Madame Richet qui m'avait accueilli comme un petit provincial que j'étais, un peu perdu, en septembre 1959. Elle m'avait confié à Zette Gomez et Madame Michaud, lesquelles m'avaient bien aidé matériellement. Mon séjour de deux années au 29 rue du Louvre a changé ma vie... et en bien. Madame Richet restait une conseillère amicale et respectée. Une page se tourne et c'est évidemment assez triste ».

Jean Neveu (1961)

 

« Ce n'est pas sans tristesse que j'apprends le décès de Claire Richet dont je me souviens avec affection et reconnaissance. Pour les étudiants du CFJ que nous étions dans les années 60, elle était, avec Philippe Viannay, la personnalité qui nous impressionnait le plus. « Madame Richet » montrait exigence et rigueur dans le suivi de nos études, tout en se montrant bienveillante et disponible pour nous aider à nous orienter et à trouver notre voie dans ce métier de journaliste aux multiples facettes. Notre diplôme en poche, elle savait utiliser son précieux réseau de relations avec les divers groupes et types de presse, nationale et régionale, pour nous y introduire au mieux de nos aspirations. Par la suite, son intérêt ne s'est jamais démenti à l'égard de ses Anciens du CFJ. Comme beaucoup d'autres, j'en ai fait moi-même l'expérience. Ainsi, quand j'ai voulu reprendre mon métier après quelques années de pause, c'est elle encore qui m'a remis le pied à l'étrier… A ses enfants et petits-enfants, sa famille, je veux dire toute la part que je prends à leur peine dans cette épreuve qui les bouleverse aujourd'hui face à la disparition d'une femme de haut mérite, une femme d'exception ».

Martine Debaussart-Anger (1962)

 

« Son comportement fait de rigueur sévère cachait une dévotion aux étudiants et une générosité de coeur. Elle avait découvert que j'étais fauché et que j'avais payé une « avance » sur mes frais de scolarité de 100 francs (c'était ma fortune), alors que le montant total était de 200 francs. Elle m'a demandé comme un service de faire un peu de mise sous enveloppe de courrier et m'a annoncé que, compte tenu du grand service que je venais de lui rendre, ma dette était effacée ».

Bernard Ollivier (1965)

 

« Très touché par la disparition de Claire Richet. C'est un peu un pan de notre jeunesse qui s'écroule. Sa présence à la fois rigoriste et protectrice fut un abri pour les étudiants que nous fûmes ».

Jean-François Renault (1966)

 

« La mort de Claire Richet marque vraiment la fin d’une époque. Auprès d'un Philippe Viannay tout feu tout flamme, elle tint la barre avec calme et maîtrise. Dans les années 50/60, elle contribua grandement à hisser le CFJ au premier rang des écoles de journalisme. Sous un aspect un peu sévère, elle était proche des élèves (sa porte était toujours ouverte) et attentive à leur réussite. Je peux témoigner de son aide pour entrer dans la carrière et ouvrir les premières portes. Sans en avoir le titre, Claire Richet fut de fait une remarquable directrice du CFJ. Elle mérite qu’on lui rende pleinement hommage ».

René Vigié (1966)

 

« Un souvenir ému pour cette femme qui m'a aidée à devenir ce que je suis, le temps de mes études au CFJ. Et une reconnaissance pour son engagement de toujours ».

Elisabeth Lerminier (1970)

 

« Une femme discrète et droite s'en est allée... Toutes mes condoléances attristées ».

Baudouin Bollaert (1967)

 

« Claire Richet fut ma directrice bien aimée dans les années 66/67 où j’ai suivi les cours du CFJ, rue du Louvre à Paris. Je revois sa silhouette virevoltante et gracile, ses cheveux bouclés, son regard d’aigle, ses mots justes, sa passion pour notre formation. Avec Philippe Viannay, nous étions allés en Belgique pour le voyage de la promotion 67. J’ai redécouvert les photos prises à cette occasion. Le visage de Claire reste gravé dans ma mémoire. Maintenant, elle va pouvoir nous surveiller depuis le paradis ».

Jean-Claude Bourret (1967)

 

« Très attristé par le décès de Claire Richet, je garde le souvenir très fort, par delà les années, de l’attention qu’elle portait à ses étudiants, à leur formation, puis à leur début de carrière. Je sais ce que je lui dois ».

Jacques Laurent (1968)

 

« J'ai le souvenir d'une dame d'une étonnante écoute, d'une très grande gentillesse, quelque chose qui ressemble à la sollicitude. Je l'ai rencontrée lorsque je me suis présenté au concours en 1966. Elle était jeune et tellement attentive pour les étudiants que nous étions et tellement exigeante pour le métier dans lequel nous voulions entrer. Lorsque je l'ai retrouvée beaucoup plus tard, elle était fort respectueuse de ce que nous étions devenus. Le temps avait passé mais elle avait gardé cette passion simple pour le métier qui est le nôtre. Merci, Madame Richet ».

Jean-Jacques Mauriat (1968)

 

« Très touché par l’annonce du décès de Claire Richet. Le 18 octobre dernier, j’ai reçu d’elle un mot où elle disait son regret de n’avoir pas pu voir l’exposition consacrée à Philippe Viannay ni participer à la fête du 70ème anniversaire du CFJ : « La santé, hélas! ». « Devant ce que devient ce métier, m’écrivait-elle, je me demande comment on peut l’enseigner aujourd’hui. La lecture du Monde et Libération occupent mes journées. La radio me déçoit et la télévision aussi. J’essaie de suivre encore les papiers des uns et des autres ». Oui, le CFJ lui doit beaucoup et elle restera définitivement associée dans nos souvenirs à la figure rayonnante de Philippe Viannay ».

Jean-Yves Boulic (1969)

 

« Profonde tristesse. Mes condoléances au CFJ auquel toutes et tous nous devons tant ».

Gérard Saint-Paul (1969)

 

« Je n’oublierai jamais « Madame Richet » à laquelle je pense encore souvent ».

Anne-Marie Voisin (1969)

 

« Toutes mes sympathies très émues à la famille de Claire Richet et à tous ceux qui pleurent son départ. J'eus le plaisir de la rencontrer après mes études au Québec où je venais de m'établir au début des années 70. Son sourire, sa gentillesse et son intérêt témoigné pour l'ancien élève que j'étais m'avaient touchés et séduits. Une grande dame dont je garderai un vif souvenir ».

Jean-Louis Fleury (1971)

 

« Une part de moi-même s'éteint avec la mort de « Madame Richet » que nous n'aurions jamais envisagé d'appeler autrement ».

Patrice Louis (1971)

 

« Tristesse et beaucoup de souvenirs avec la disparition de Claire Richet. Durant mon passage au CFJ, j'ai eu l'honneur d'être le délégué des élèves au conseil d'administration et de travailler dans ce cadre avec elle (passage de la scolarité de trois à deux ans, extension des locaux…). Son décès tourne la page du CFJ historique ».

Pierre Creignou (1971 bis)

 

« J'ai appris avec tristesse le décès de Claire Richet. Elle était secrétaire générale du CFJ quand j'y étais élève de 1969 à 1971. J'ai donc eu de nombreux échanges avec elle, d'autant plus que j'étais un des délégués des élèves de ma promotion ».

Paul Kerdraon (1971 bis)

 

« Sa parole était rare, mais le ton sans appel. Claire Richet incarnait cette rigueur que l'on nous enseignait ».

Henri Migaud (1976)

 

« Je veux vous exprimer ma peine et mes souvenirs émus, après avoir appris la disparition de Claire Richet. Comme tous les étudiants du CFJ, puis les stagiaires du CFPJ, pendant de longues années, j'ai eu l'occasion de la découvrir dans l'exercice de ses fonctions, à côté de l'activité solaire de Philippe Viannay. Comme un petit nombre, j'ai pu la connaître un peu mieux en raison des rapports amicaux étroits que j'ai entretenus avec plusieurs membres de l'équipe à l'époque ».

Laurent Réveilhac (1976)

 

« Toutes mes condoléances à sa famille pour le décès de Claire Richet, qui fut une excellente directrice, attentive à la personnalité de chacun de ses élèves ».

Philippe Demenet (1977)

 

« Avec Claire Richet disparaît un des derniers piliers du CFJ à qui elle a tant donné. Je me souviens d'une femme d'une grande rectitude morale qui cachait une vraie bienveillance pour le jeune journaliste que j'étais. Avec elle, on ne transigeait pas avec la déontologie. J'ai essayé de suivre ses conseils tout au long de ma carrière professionnelle ».

François Viot (1977)

 

« Les années n'ont pas estompé mon respect à cette grande dame. Une sévérité bienveillante toujours tournée vers l'autre. Près de 40 ans plus tard, ses questions directes et incisives lors du dernier entretien me reviennent. Avec beaucoup d'émotion. Claire Richet, Jacques Richet, Philippe Vianney ont bâti l’école en se fondant sur un idéal de justice, de liberté. Des valeurs plus que jamais d'actualité ».

René Lataste (1978)

 

« J'ai appris avec tristesse le décès de Claire Richet. J'avais pu mesurer au cours de mes deux années rue du Louvre combien elle portait l'école et l'importance de son rôle, avec Philippe Viannay, dans la création puis le développement d'un établissement de grande qualité pour la formation des journalistes français. Vous avez bien fait de souligner aussi son implication dans la Résistance. Tout comme pour Philippe Viannay, on ne peut qu'admirer l'incroyable courage de ces jeunes gens au début des années 40, forts de leurs convictions patriotiques et résolument antinazis. A méditer encore en ces temps incertains face aux nouvelles barbaries qui nous menacent ».

François Pelletier (1980)

 

« Une grande citoyenne nous quitte. Je lui dois d'avoir appris mon métier de journaliste dans un environnement exceptionnel de professionnels amoureux de leur mission. Je lui dis merci pour avoir été si longtemps l'inspiratrice et la gardienne d'une école fidèle aux valeurs de la République. En héritier reconnaissant, je lui promets de nourrir la flamme et de la transmettre ».

Frédéric Verduzier (1984)

 

« C'est Claire Richet qui, en 1983, a accueilli ma promotion du CFJ et je garde d'elle le souvenir d'une grande dame de la presse et du journalisme qui a su traverser l'épreuve de l'Occupation allemande puis, après la Libération, transmette aux nouvelles générations une certaine idée de la déontologie de ce métier ».

Slimane Nadour (1985)

 

« Si j’ai pu être admis au CFJ à l’issue du concours d’entrée en 1975, je crois que je le dois en grande partie à Claire Richet. Je ne correspondais guère en effet aux canons de l’étudiant idéal : provincial sans aucun contact à Paris, peu diplômé (une vague licence d’anglais), des études qui m’ont longtemps poursuivi, ce qui m’a fait passer le concours à plus de 24 ans, et des notes plus que moyennes dans les différentes épreuves d’admission, car je n’étais absolument pas une « bête à concours »... Quelques jours après la rentrée, Claire Richet m’avait pris à part pour m’énumérer tous ces handicaps qui auraient dû m’interdire l’entrée au Centre. Mais elle avait ajouté : « C’est votre expérience de la vie, tous ces voyages, ces petits emplois que vous avez faits depuis votre adolescence qui nous ont incités à vous prendre ». « Ne nous décevez pas », avait-elle ajouté sur ce ton mi-maternel mi-adjudant dont elle savait user. J’ai essayé, tout au long de mon parcours professionnel, de ne pas oublier son conseil. Merci Madame ».

Pascal Liétout (1977)

« C'est parfois avec beaucoup de retard que l'on comprend que quelqu'un a changé votre vie. C'est ce qui s'est passé lorsque j'ai appris le décès de Claire Richet. J'ai soudain réalisé que, sans cette grande dame, je ne serais probablement pas devenu journaliste. Mon histoire est un peu différente de celle des nombreux diplômés du CFJ. Car j'avais déjà plus de 26 ans lorsque j'ai voulu passer le concours en 1980. Jusqu'alors, j'avais étudié et puis travaillé dans des emplois qui n'étaient pour moi qu'alimentaires. La passion de la presse qui m'avait fait frapper à 17 ans à la porte du rédacteur en chef de l'Echo Républicain de Chartres - il m'avait dit: « Faites d'abord des études » - était restée ancrée en moi. C'était le moment ou jamais de sauter le pas. J'avais cependant dépassé la limite d'âge. J'ai donc fait une demande de dérogation. Puis j'ai été reçu dans un premier temps par Maroussia Melnik et puis par Claire Richet. L'entretien a duré longtemps. Elle m'a demandé pourquoi je n'avais pas tenté ma chance plus tôt. Elle voulait être sûre de ma détermination. Elle s'inquiétait de savoir comment je pourrais vivre pendant les deux ans d'étude (j'avais des économies) et comment je pourrais être assuré à la Sécurité sociale (je pouvais l'être via ma compagne). A l'époque, Claire Richet avait à peu près l'âge que j'ai aujourd'hui. En raison de la différence d'âge et de son apparence sévère, elle impressionnait. A l'issue de l'entretien, j'ai eu son feu vert pour passer le concours. Je l'ai réussi et j'ai ensuite fait une longue carrière à l'AFP. Elle avait eu confiance en moi et je lui en serai toujours reconnaissant».

Jean-Luc Testault (1982)

 

« Des pensées émues se ravivent au souvenir de « Madame Richet », comme nous l’appelions dans nos années CFJ, tandis que j’étais chargé de la première année (1981-1984). Et pour cause, nous nous fréquentions régulièrement. Je m’honorais de sa confiance qu’elle n’accordait pas si facilement… Suspicieuse parfois, tâtillonne à l’occasion, mais toujours rigoureuse, je garde l’image d’une femme entièrement dévouée à la « maison » autant qu’à la profession ».

Gérard Ponthieu (Professeur, 1981-1984)


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